Histoire | Géographie | Économie | Société
Valentine Binggeli, 2007 | Renens, VD
Mon travail porte sur trois épouses d’empereurs romains : Livie, Messaline et Agrippine. Ces femmes jouissaient d’une grande influence et d’un statut privilégié dans la société romaine de leur temps, pourtant, elles sont assez peu évoquées lorsque l’on aborde l’Antiquité de nos jours. L’objectif de ce travail est de retracer brièvement leur vie, avant d’explorer les points communs entre leur condition et celles des autres femmes romaines, puis de s’intéresser à la représentation de ces impératrices chez les auteurs antiques.
Problématique
La première question à laquelle tente de répondre ce travail est la suivante : Qu’est-ce que les vies de ces impératrices nous apprennent sur la condition des femmes de leur temps ? Cette question permet également de prendre conscience des limites de leur pouvoir.
Mon travail cherche aussi à explorer la représentation que faisaient les auteurs antiques de ces femmes au moyen des deux questions : Comment les auteurs antiques ont-ils représenté ces femmes ? Et pourquoi l’ont-ils fait ainsi ? Y répondre permettra de montrer les points communs entre les représentations de ces trois impératrices et de s’intéresser aux motivations qui se cachent derrière celles-ci. Cette partie présente aussi des liens avec des périodes plus proches de nous, pour explorer la persistance de certaines critiques et manières de penser jusqu’à nos jours.
Méthodologie
Comme j’ai toujours été intéressée par la condition des femmes à travers l’histoire, j’ai vite eu l’idée d’étudier les femmes dans l’Antiquité pour mon travail de maturité. J’ai alors lu des livres sur les femmes romaines dans lesquels étaient fait mention de Livie, Messaline et Agrippine. Ces trois épouses d’empereurs, dont je n’avais jamais encore entendu parler, m’ont vite intéressée de par les anecdotes folles qu’on rapportait à leur sujet et de par leur persévérance dans une société où les femmes n’avaient pas droit au pouvoir.
L’idée de la première question de ma problématique m’est vite venue en tête, car elle me permettait de faire le lien entre les livres que j’avais lu sur ces trois femmes exceptionnelles et ceux portant sur la condition de l’ensemble des femmes romaines.
L’idée de la deuxième question, quant à elle, m’est venue en lisant les livres sur ces femmes. Ces livres racontaient leurs vies singulières de façons assez différentes. Certains historiens racontaient leurs vies telles qu’elle avaient été rapportées par les auteurs antiques sans prendre beaucoup de distance avec leur récit. D’autres faisaient preuve d’une distance critique assez importante par rapport aux récits antiques. Cela m’a amené à me questionner sur la véracité des anecdotes rapportées par les auteurs antiques et à chercher les raisons des inventions ou des déformations des faits qu’ils avaient opérées.
Résultats
Mon travail m’a permis de montrer que les épouses d’empereurs avaient des vies assez différentes par rapport aux autres femmes romaines. Cependant, des points communs sur divers plans, tel celui du mariage, ou des fiançailles, par exemple, peuvent tout de même être constatés. Cela montre que ces trois femmes, bien qu’exceptionnelles, restaient confrontées à des limites imposées par leur condition de femme.
Dans un deuxième temps, j’ai pu mettre en évidence le fait que ces trois femmes étaient représentées comme de véritables monstres assoiffés d’argent, de sexe et de pouvoir. Elles étaient montrées comme cruelles et prêtes à tout pour atteindre leurs objectifs. Les auteurs antiques les dépeignaient ainsi pour diverses raisons. On peut citer par exemple la volonté de critiquer l’empereur à travers sa femme, en le montrant comme mou et influençable, ou celle de discréditer complètement l’idée d’une femme détenant du pouvoir.
Discussion
Grâce à ce travail, j’ai pu me rendre compte que les auteurs antiques ne transmettaient pas forcément la vérité à propos de ces femmes. Toutefois, j’aurais pu aller plus loin en me plongeant plus dans les sources. J’aurais ainsi pu analyser des passages précis d’œuvres antiques pour illustrer et appuyer mon propos.
Conclusions
En conclusion, ce travail m’a permis d’en apprendre plus sur ces femmes et le pouvoir qu’elles avaient, mais aussi sur la perception que des auteurs antiques avaient de ce pouvoir. Il serait intéressant de prolonger cette analyse avec d’autres épouses d’empereurs romains et d’autres auteurs antiques, afin de voir si ces critiques ont pu varier.
Appréciation de l’experte
Lorraine Pidoux
Cette recherche décrypte le rôle et l’image de trois femmes d’empereurs romains : Livie, Messaline et Agrippine. Aucune d’elles n’a pu détenir le pouvoir impérial de manière officielle, mais toutes ont exercé une influence politique attestée par les sources. Si avec l’avènement de l’Empire, les personnages féminins font leur entrée dans l’histoire, la marge de manœuvre de ces femmes – qui agissent en coulisses – reste limitée et indirecte. Ce travail démontre que leur action est sujette à la critique des auteurs romains, qui se font le reflet des mentalités patriarcales de l’époque.
Mention:
Or
Prix spécial «Understanding matters» décerné par l’Académie suisse des sciences humaines et sociales
Gymnase de la Cité, Lausanne
Enseignant: Pierre-André Jacquet
