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Clémentine Plantevin, 2007 | Vevey, VD

 

Mon travail aborde l’évolution du mythe de la Sirène dans la culture occidentale de l’Antiquité grecque à la culture contemporaine, en s’interrogeant sur son évolution physique et philosophique. Antiquité, Moyen Âge, Temps modernes jusqu’à nos jours, la Sirène a survécu à chaque époque tout en subissant une importante évolution.

Problématique

Ce travail a pour but d’aborder le mythe de la Sirène à travers un prisme évolutif afin de comprendre le rapport de l’homme à la femme, à l’inconnue ou à l’altérité dans la culture occidentale au vu des époques traversées – de l’Antiquité grecque avec la première occurrence des Sirènes jusqu’à la culture populaire et les revendications du XXIe siècle.

Méthodologie

Afin de répondre à ma problématique, je me suis basée sur des sources écrites – des textes antiques à la littérature contemporaine –, iconographiques et cinématographiques, que j’ai analysées dans le but de comprendre comment le contexte historique influence l’évolution du mythe et ce que la représentation de la Sirène à une époque donnée nous apprend sur son auteur et le message qu’il cherche à porter à travers la créature.

Résultats

On constate que le mythe suit une évolution significative et en révèle énormément sur les époques et les auteurs qui se réapproprient la Sirène. De source de savoir à icône queer, la Sirène est très éloignée de l’image mièvre et chétive qu’on a tendance à lui attribuer.

Discussion

Par la morale d’un auteur et la réception du public, j’ai pu mieux comprendre et aborder certain concepts ; le rapport à la mort avec la Sirène psychopompe de l’Antiquité, la tentation et ses différentes formes – savoir, musique, amour – avec le mythe homérique et ses relectures, le regard sur l’inconnu – la Sirène comme personnification de la mer ou des tempêtes – et bien d’autres. J’ai pu en apprendre beaucoup sur cette créature que je savais pleine d’histoire et au cœur de certaines revendications, mais je ne m’attendais pas à une telle richesse, une telle diversité et autant d’incarnations parfois paradoxales – la douceur, la féminité, la monstruosité, la bestialité, la mort, l’amour, le savoir, la liberté, le sacrifice, la tentation, l’émancipation, l’étrange – tous ces aspects se retrouvent dans une seule et même créature sur l’histoire de laquelle il vaut la peine de s’attarder.

Conclusions

De source de savoir à icône queer, la Sirène est très éloignée de l’image mièvre et chétive que l’on a tendance à lui attribuer. Ce travail m’a permis de regarder, comprendre et analyser une époque, un contexte historique ou un auteur à travers les yeux d’une seule créature qui offre une continuité et un point de comparaison. Un mythe en révèle bien plus que ce que son statut fictif laisse à penser. Les diverses représentations de la Sirène offrent un nouvel angle de vue sur l’histoire des femmes, du féminisme et du rapport à la diversité. Monstre des profondeurs ou rêve d’enfant, un seul mythe a su incarner de nombreuses visions et revendications. Mon travail n’explore qu’une partie des mythes, tant les Sirènes sont présentes dans la culture et les traditions. Il serait toujours intéressant d’élargir et d’approfondir le champ de recherche autour de cette fascinante créature.

 

 

Appréciation de l’expert

Nathan Maggetti

Clémentine Plantevin remplit les ambitieux objectifs qu’elle s’est donnés: brosser le portrait d’une figure polymorphe, de l’Antiquité gréco-romaine à nos jours. Par l’étude rigoureuse des sources retenues, elle parvient à cibler et comparer entre eux les traits successivement prêtés à la Sirène, dans une perspective d’histoire des représentations. Ce travail laisse entrevoir les processus de création, de détournement et de récupération des figures mythiques, investies d’un contenu discursif et idéologique qu’il contextualise et interroge pertinemment.

Mention:

Argent

 

 

 

Gymnase de la Cité, Lausanne
Enseignante: Lorraine Pidoux